Astrée LHERMITTE

Otom Potom
Collection automne 2009

L’exposition :

Otom Potom.
Expression serbo-croate ou formule magique ?
Deux mots intraduisibles, ludiques,
à la fois énigmatiques et familiers, comme
la peinture d’Astrée Lhermitte.
Cet art, qui joue avec les mots et les maux,
parle de la vie et de ses blessures. Il parle aussi
du temps qui passe, du temps qu’on perd.
La conscience de ce temps que l’on a plus,
c’est celle de la mort.
Voici une peinture moins légère qu’il n’y paraît.
Lectrice assidue, admiratrice de Cesare Pavese,
Astrée Lhermitte s’amuse comme lui
de la possible absurdité du monde et doute
du sérieux de la cosmologie : elle appelle
ses toiles « Les quatre coings d’un monde »
ou « Treize lunes et autant de savonnettes à l’iréos ».
D’autres tableaux témoignent de petits exorcismes
personnels face au vertige existentiel,
comme « Carnet de miroir » ou « La faim
des haricots magiques ».
D’autres livrent quelques clés plus personnelles,
« La Semaine des quatre jeudis », « La Mie de la boulangère »…
Mais la plupart des tableaux gardent leur secret,
offrant à chacun la liberté de trouver les clés
du labyrinthe, à la lumière de sa propre vie.
Nourrie de l’écume des jours, la peinture
d’Astrée Lhermitte illustre à merveille la plus célèbre citation de Pavese :
« L’art est la preuve que la vie ne suffit pas ».

 

La technique :

Astrée Lhermitte est une collectionneuse.
Elle garde des objets qu’elle croise (par hasard ?),
au fil de ses voyages et de ses promenades.
Elle trouve toujours où les peindre, où les coller sur ses tableaux.
Les supports mêmes d’ « Otom Potom », des chutes d’acier, ont été collectés
chez un ferrailleur. Astrée Lhermitte les
a préparées, soudées, patinées à la main avec
du sable ramassé en Bretagne.
Elle a laissé la pluie terminer ce prélude.
Alors est venu le geste, long, du peintre.
Par tapotements du pinceau, l’acrylique devient matière grumeleuse,
qui peut ensuite être lissée au doigts pour obtenir des patines métalliques
aux tons changeants, ou des blancs au velouté vivant de parchemin.

 

L’artiste :

Astrée Lhermitte est née en 1974.
Elle a fait ses premières armes en arts plastiques
aux Ateliers du Carrousel à Paris. A 17 ans,
elle est partie aux Etats-Unis, en Georgie,
étudier au Savannah College of Arts and Design.
Elle s’est particulièrement passionnée
pour la peinture et le portrait,
l’univers des Surréalistes et les glacis lumineux des peintres hollandais de la Renaissance.
De retour en France après une carrière de graphiste à New York,
elle revient à ses recherches en peinture.
Astrée Lhermitte vit et travaille près de Paris.

Axelle Corty
Journaliste et critique d’art

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astree@astree.net